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Publié par Comité de Soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes

Passer à l’offensive et se donner de la force.

En réponse à l’appel des chats teigneux et proposition du 27 décembre au 3janvier.

Nous ne laisserons pas la chat-teigne se faire envahir une nouvelle fois ! Nous avons parcouru quelques centaines de kilomètres avec un dortoir en kit, des kilos de poutres, d’outils et de matériaux. Une semaine durant nous avons construit sans relâche, partagé des chaînes humaines, des assemblées et des repas. Nous avons attendu derrière les barricades en blaguant avec d’autres architectes fantasques et swingué sur les tubes de radio Klaxon (107.7 - pirates des ondes !). Quelques jours plus tard après un concerto de tango boueux, nous avons été arraché-e-s du dortoir à coup de vitres brisées et de lacrymos. Sous nos yeux, ils ont volé les inombrables outils apportés le samedi d’avant par les manifestant-e-s. Ils les ont emporté dans leurs bennes sous une averse de pierres et de bouteilles. On s’est battus pour ralentir leurs engins de destruction une journée durant. Nous nous sommes pris des gamelles lamentables, des coups de flip, de fatigue et des plans foireux. Mais on est un peu têtues quand même. La nuit suivante nous avons repris la chat-teigne en se paumant à travers les ronciers puis en créant nos propres sentiers au fond de la forêt. Le lendemain nous réparions les dégâts et astiquions les matelas poivrés pour ne pas pleurer une nouvelle fois. . Plus que jamais, s’ils nous expulsent, on revient ! En attendant et puisque la chat-teigne est toujours debout, nous aspirons à reprendre la route dès que possible et à retrouver les lumières humides et camaraderies du bocage. Si nous voyageons vers Notre dame des landes ce n’est pas par goût du déracinement ou en quête d’aventures exotiques mais avant tout parce que nous habitons nous aussi quelque part. Nous savons que ce qui se joue là-bas est aussi ce qui nous rendra plus aptes à faire front chez nous, avec d’autres : pour sauver d’autres terres, empêcher d’autres expulsions, construire d’autres existences plus denses et autonomes... Ce défi collectif - face aux rouleaux compresseurs de l’économie et de la restructuration du territoire - en appelle forcément d’autres. Ce qui se révèle à Notre Dame, sur ces 1600 hectares rétifs à leur « progrès », c’est la manière dont se maintient habituellement l’ordre social, mais aussi sa fragilité quand une partie de la population décide en masse de ne plus y croire et de faire front. Ce que nous y trouvons, c’est un espoir contagieux qui depuis bientôt deux mois vient bouleverser les séparations et la résignation. Cet espoir leur est insupportable. Les 23 et 24 novembre ils ont tenté une fois encore de le faire taire. Mais jusqu’aujourd’hui, tous leurs coups fourrés, leurs assauts, leurs éclats de grenades restés à l’intérieur des corps, leurs tentatives de division, leur propositions de dialogue factices, leurs flics déguisés et leurs pelleteuses nous ont laissés avec plus de forces et de liens que de plaies

Nous répondons donc à l’appel des chat-teigneux et proposons de revenir du26 décembre au 3 janvier...Nous voulons participer à la défense de la Sècherie (expulsable à partirdu 27 décembre) faire des petits plats et des cantines, construire encore, proposer des ateliers d’escalade, confectionner des masques de tanukis... Nous aimerions proposer des projections et parler de l’histoire des mouvements écolo radicaux anglais des années 90, des roads protests, de leurs victoires et des avenirs à donner aux espaces libérés.... On aurait bien envie qu’il neige ou qu’il vente et de se tenir chaud à coté du poêle. Nous désirons une boum étoilée sur les parquets de la châtaigne et nous promettre que nous serons encore là dans un an....A l’appel de Kulon Progo*

* nom donné à un des dortoirs construit à la chat-teigne en hommage à unecommunautée paysanne autonome de l’île de java, qui résiste à son éradication par l’industrie minière...

Passer à l’offensive et se donner de la force.

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