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Publié par Comité de Soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes

 La lettre à Jérôme Cahuzac.. ministre

« Tout ça pour que Vinci et ses actionnaires fassent des bénéfices »

Plus de 550 élus locaux sont rassemblés dans le « collectif d'élu-e-s doutant de la pertinence de l'aéroport » de Notre­Dame-des-Landes. Le 8 novembre, ils interpellaient le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, lui demandant de réexaminer l'engagement financier de l'État dans ce projet.

« Monsieur le Ministre,

Nous vous avons écrit en août dernier suite à vos propos concernant la volonté du gou­vernement de réexaminer les projets pré­vus dans le schéma national des infra­structures de transport (SNIT) avec la volonté d'« élaguer dans les projets qui ont été proposés ». Aujourd'hui, nous revenons vers vous car vous avez très récemment mis en garde contre les partenariats public­-privé (PPP) qui « coûtent trop cher sur le long terme » aux finances publiques. Vous ajou­tez: « cette façon de masquer l'impécuniosité de l'État est dangereuse à terme ».

De nouveau, notre collectif d'élu-e-s dou­tant de la pertinence de l'aéroport de Notre-­Dame-des-Landes se trouve tout à fait d'ac­cord avec vos propos! Et de nouveau, nous attirons votre attention sur le dossier du pro­jet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dossier sur lequel notre courrier précédent listait de nombreuses raisons de réexamen. Le montage entre l'État et Vinci pour ce projet est une délégation de service public de 55 ans, qui est une formule proche du PPP (...) Le nouvel aéroport de Notre­-Dame-des-Landes constituerait par ailleurs une première: 100 % des parts seront pri­vées dès le départ! Il est annoncé aux actionnaires un taux de rendement annuel de 12 %. Les collectivités locales ont versé un total de 115,5 millions d'euros en « avances remboursables si retour à meilleure fortune ». On comprend que dans le contrat qui lie l'État à Vinci, il soit fait mention de « subventions » pour parler de ces préten­dues « avances remboursables ».

Pour réaliser cet aéroport privé, sont déjà contractualisés 262 millions d'argent public (115,5 collectivités locales, 146,5 État). Et ces sommes ne concernent que la desserte routière et la plate-forme. Le projet com­porte en outre des accès ferroviaires (selon la DUP de février 2008) qui seront nette­ment plus coûteux et pour lesquels aucun financement (public!) n'est encore trouvé. Dans le tableau joint, vous constaterez que l'ensemble du projet avoisine facilement les 4 milliards d'euros... Tout ça pour que Vinci et ses actionnaires fassent des béné­fices, et alors que l'aéroport existant fonc­tionne très bien et peut être amélioré à moindre coût! Sur ce type de projet, la moyenne européenne des dépassements de coûts est de 40 %...

Comme vous, nous nous interrogeons sur l'utilisation de l'argent public, sur l'en­richissement éhonté de grosses multina­tionales par le biais des projets en PPP

En période de rigueur budgétaire, la remise à plat du projet, voire son abandon, serait à notre avis une bonne décision. C'est pour­quoi nous espérons que vous répondrez favorablement à notre demande de réexa­men du dossier. Nous sommes disposés à vous rencontrer, à Paris ou à Notre-Dame-­des-Landes, à votre convenance.

Un très grand nombre d'associations, y com­pris nationales, des mouvements politiques, s'opposent à ce projet. L:opposition sur le ter­rain est de plus en plus forte. Ces oppositions sont fondées sur le sentiment que ce projet est inutile, injustifié, qu'il gaspille l'argent public (alors qu'on ne trouve plus d'argent pour de réels besoins), qu'il détruirait des terres et des emplois agricoles"", ainsi qu'une zone de biodiversité remarquable.

Nous vous prions, Monsieur le Ministre, de bien vouloir croire en l'expression de notre très haute considération. » •

François Yerchère et Jean-Paul Naud (co-président) c/o Geneviève Lebouteux, secrétaire

(1) 2000 hectares de terres sont concernés parle projet d'aéroport.

Le site du Cedpa, collectif d'élues doutant de la pertinence de l'aéroport: http:l/aeroportnddl.fr

En octobre 2012, environ 560 élus locaux (régionaux, départementaux et commu­naux) constituaient l'association. Françoise Verchère est conseillère générale de Loire-­Atlantique (PG), Jean-Paul Naud est le maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes et Geneviève Lebouteux est conseillère régionale (EE-LV) des Pays-de-Loire.

 La lettre à Jérôme Cahuzac.. ministre

Notre Dame des Landes : par Hubert Reeves, lettre ouverte au Premier Ministre

dimanche 9 décembre 2012, par Jeanne HILLION

Humanité et Biodiversité

05-12-2012

Notre Dame des Landes : lettre ouverte au Premier Ministre

Paris, le 4 décembre 2012. L’association Humanité & Biodiversité, présidée par Hubert Reeves, demande solennellement au gouvernement de renoncer au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

Ce n’est pas par des mots ou l’affichage de bonnes intentions que l’intense érosion de la biodiversité en cours à l’échelle mondiale sera enrayée. Il faut des actions concrètes. Dans un pays fortement urbanisé et qui a connu une artificialisation massive du territoire depuis cinquante ans, ce qu’est l’action concrète ne souffre guère la discussion : il faut cesser l’artificialisation du territoire et préserver les habitats naturels qui subsistent, avec en vue, tout particulièrement, le maintien d’une trame de territoires nous garantissant la fourniture des services éco-systémiques dont nous avons besoin.

Lorsqu’il faut choisir entre l’intérêt vital des humains et une atteinte marginale à la nature, l’hésitation est permise et il revient aux pouvoirs publics de trancher. Mais quand sont en cause, d’un côté, un projet de grande ampleur dont les avantages par rapport à l’existant sont douteux ou limités, et l’atteinte à un espace d’intérêt écologique majeur, il faut désormais une réponse moderne, conforme aux engagements pris par les gouvernements successifs : non à l’artificialisation supplémentaire, oui au maintien des espaces naturels et de leur fonctionnalité.

Le cas de Notre Dame des Landes est à cet égard exemplaire. L’aéroport envisagé n’est pas un projet vital ; ce n’est qu’une option alternative à l’utilisation optimisée des équipements existants. L’espace naturel autour de Notre Dame des Landes est, pour sa part, exceptionnel, comme en attestent plusieurs Zones Naturelles d’Intérêt Faunistique et Floristique. Il s’agit de la dernière zone de bocage traditionnel de la région nantaise, on y trouve un chevelu de ruisseaux et de mares clefs pour la qualité des eaux en plus d’abriter une faune et une flore rares et protégées.

Le projet n’est donc pas un aménagement parmi d’autres. Il constitue une atteinte définitive à un espace exceptionnel. De plus, il serait naïf d’imaginer que l’atteinte se limitera à l’aéroport et à ses emprises. Les aéroports sont devenus le centre d’une urbanisation nouvelle et c’est une partie considérable de la campagne nord de la région nantaise qui, dans vingt ans, se sera ajoutée aux surfaces gigantesques que l’artificialisation a déjà englouties. Outre l’effet catastrophique sur la faune et la flore, mais aussi sur les terres agricoles, ce basculement de long terme implique encore plus de transports quotidiens, donc toujours plus d’émissions de CO2, dans une agglomération nantaise dont la taille aura explosé. A cette aune, les aspects prétendument "écologiques" du projet, comme le maintien d’une étroite zone verte entre l’aéroport et le reste de la commune, ne sont que de dérisoires tentatives pour cacher la réalité.

La question qui se pose aujourd’hui au gouvernement n’est pas de savoir s’il doit ou non ravager une campagne particulièrement préservée pour y installer un aéroport : il lui faut prendre une décision d’une bien plus grande importance, dont celle-ci n’est qu’un élément. Et cette décision est la suivante : est-il prêt à proposer ENFIN aux Français un nouveau modèle de développement économique qui arrête une bonne fois l’artificialisation du territoire français afin de préserver les équilibres naturels ? Une occasion unique lui est offerte de montrer la voie.

Le projet de Notre Dame des Landes relève d’une autre époque, beaucoup moins consciente des enjeux environnementaux ; ne le critiquons pas en tant que projet ancien qui avait sa logique.

Mais le XXIème siècle est déjà bien engagé : nous demandons de la façon la plus solennelle au gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport et de le faire en indiquant qu’une nouvelle approche du développement économique s’ouvre à partir de ce jour, une approche conforme aux engagements politiques du gouvernement, à la Charte de l’environnement présente dans la Constitution, aux engagements internationaux de la France et à l’intérêt supérieur et de long terme de l’Humanité.

Une décision que l’Histoire ne retiendra pas comme une défaite mais comme une naissance.

Notre Dame des Landes : par Hubert Reeves, lettre ouverte au Premier Ministre

dimanche 9 décembre 2012, par Jeanne HILLION

Humanité et Biodiversité

05-12-2012

Notre Dame des Landes : lettre ouverte au Premier Ministre

Paris, le 4 décembre 2012. L’association Humanité & Biodiversité, présidée par Hubert Reeves, demande solennellement au gouvernement de renoncer au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

Ce n’est pas par des mots ou l’affichage de bonnes intentions que l’intense érosion de la biodiversité en cours à l’échelle mondiale sera enrayée. Il faut des actions concrètes. Dans un pays fortement urbanisé et qui a connu une artificialisation massive du territoire depuis cinquante ans, ce qu’est l’action concrète ne souffre guère la discussion : il faut cesser l’artificialisation du territoire et préserver les habitats naturels qui subsistent, avec en vue, tout particulièrement, le maintien d’une trame de territoires nous garantissant la fourniture des services éco-systémiques dont nous avons besoin.

Lorsqu’il faut choisir entre l’intérêt vital des humains et une atteinte marginale à la nature, l’hésitation est permise et il revient aux pouvoirs publics de trancher. Mais quand sont en cause, d’un côté, un projet de grande ampleur dont les avantages par rapport à l’existant sont douteux ou limités, et l’atteinte à un espace d’intérêt écologique majeur, il faut désormais une réponse moderne, conforme aux engagements pris par les gouvernements successifs : non à l’artificialisation supplémentaire, oui au maintien des espaces naturels et de leur fonctionnalité.

Le cas de Notre Dame des Landes est à cet égard exemplaire. L’aéroport envisagé n’est pas un projet vital ; ce n’est qu’une option alternative à l’utilisation optimisée des équipements existants. L’espace naturel autour de Notre Dame des Landes est, pour sa part, exceptionnel, comme en attestent plusieurs Zones Naturelles d’Intérêt Faunistique et Floristique. Il s’agit de la dernière zone de bocage traditionnel de la région nantaise, on y trouve un chevelu de ruisseaux et de mares clefs pour la qualité des eaux en plus d’abriter une faune et une flore rares et protégées.

Le projet n’est donc pas un aménagement parmi d’autres. Il constitue une atteinte définitive à un espace exceptionnel. De plus, il serait naïf d’imaginer que l’atteinte se limitera à l’aéroport et à ses emprises. Les aéroports sont devenus le centre d’une urbanisation nouvelle et c’est une partie considérable de la campagne nord de la région nantaise qui, dans vingt ans, se sera ajoutée aux surfaces gigantesques que l’artificialisation a déjà englouties. Outre l’effet catastrophique sur la faune et la flore, mais aussi sur les terres agricoles, ce basculement de long terme implique encore plus de transports quotidiens, donc toujours plus d’émissions de CO2, dans une agglomération nantaise dont la taille aura explosé. A cette aune, les aspects prétendument "écologiques" du projet, comme le maintien d’une étroite zone verte entre l’aéroport et le reste de la commune, ne sont que de dérisoires tentatives pour cacher la réalité.

La question qui se pose aujourd’hui au gouvernement n’est pas de savoir s’il doit ou non ravager une campagne particulièrement préservée pour y installer un aéroport : il lui faut prendre une décision d’une bien plus grande importance, dont celle-ci n’est qu’un élément. Et cette décision est la suivante : est-il prêt à proposer ENFIN aux Français un nouveau modèle de développement économique qui arrête une bonne fois l’artificialisation du territoire français afin de préserver les équilibres naturels ? Une occasion unique lui est offerte de montrer la voie.

Le projet de Notre Dame des Landes relève d’une autre époque, beaucoup moins consciente des enjeux environnementaux ; ne le critiquons pas en tant que projet ancien qui avait sa logique.

Mais le XXIème siècle est déjà bien engagé : nous demandons de la façon la plus solennelle au gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport et de le faire en indiquant qu’une nouvelle approche du développement économique s’ouvre à partir de ce jour, une approche conforme aux engagements politiques du gouvernement, à la Charte de l’environnement présente dans la Constitution, aux engagements internationaux de la France et à l’intérêt supérieur et de long terme de l’Humanité.

Une décision que l’Histoire ne retiendra pas comme une défaite mais comme une naissance.

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